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Incubation

Programme Sprint : une journée pour construire son equity story

publié le
08 October 2026

Le 30 septembre, les entrepreneurs du programme Sprint de 21st by CentraleSupélec ont consacré une journée entière à une question décisive pour toute startup deeptech : comment convaincre des investisseurs et construire, tour après tour, l'histoire de son entreprise ? Au programme, un VC Talk avec Dominique Vidal, investisseur early-stage, puis une masterclass sur les fondamentaux de la levée de fonds animée par Cédric Curtil, Directeur de CentraleSupélec Ventures.

Sprint, un programme pour passer à la vitesse supérieure

Sprint est le programme d'accompagnement intensif de 21st by CentraleSupélec, destiné aux projets les plus avancés de l'incubateur. Son objectif : aider les équipes à valider leur marché, structurer leur produit et accélérer vers un passage à plein temps dans l'entrepreneuriat. Au fil du programme, des journées thématiques permettent aux entrepreneurs d'approfondir un enjeu clé de leur développement. Avec la journée Equity Story, c'est le financement qui était à l'honneur.

VC TALK avec Dominique Vidal

VC Talk : dans la tête d'un investisseur

La matinée s'est ouverte avec un VC Talk réunissant les entrepreneurs early stage du programme Sprint ainsi que des startups plus avancées (seed et série A) accompagnées par notre accélérateur à Station F.

Notre invité, Dominique Vidal, est diplômé de CentraleSupélec (promotion 1988). Ancien Partner chez Index Ventures, il a investi en early-stage dans des entreprises comme Criteo, BlaBlaCar ou Squarespace. Avant de rejoindre l'univers du capital-risque, il a passé dix ans chez Schlumberger, puis cofondé Kelkoo, qu'il a accompagné de 0 à 100 M€ de chiffre d'affaires dans neuf pays européens jusqu'à sa cession à Yahoo. Un double parcours d'entrepreneur et d'investisseur qui lui donne un regard singulier sur ce qui fait, ou non, émerger une startup.

Parmi les enseignements partagés avec les entrepreneurs :

  • Montrer ce qui est exceptionnel dès le premier rendez-vous. Un parcours, une vision, une équipe, une technologie, un marché : un élément doit donner envie d'aller plus loin. « Good is not good enough. »
  • Ne pas sous-estimer le marché. Une technologie remarquable ne suffit pas. Le secteur dans lequel elle s'inscrit et la dynamique qu'elle peut capter restent un critère d'investissement majeur.
  • Décider, puis avancer. L'incertitude est permanente dans l'entrepreneuriat. Une décision devient bonne par la manière dont elle est exécutée.
  • Construire une équipe cohérente, capable de grandir. Une équipe très soudée peut devenir une limite si elle freine l'arrivée de profils complémentaires.
  • Garder une part de naïveté. L'expérience aide à repérer ce qui ne fonctionne pas, mais peut aussi conduire à écarter trop vite les opportunités qui sortent des cases connues.

Le message de Dominique Vidal se résume simplement : ne cherchez pas la perfection, cherchez l'exceptionnel et construisez autour de lui. Les échanges se sont prolongés lors d'un déjeuner avec les entrepreneurs.

Dominique Vidal et les étudiants SPRINT à La Félicità
Les étudiants Sprint avec Cédric Curtil, directeur de CentraleSupélec Ventures

Masterclass : les fondamentaux de la levée de fonds

L'après-midi, Cédric Curtil, Directeur de CentraleSupélec Ventures, a proposé aux entrepreneurs du programme Sprint une masterclass interactive pour bâtir une stratégie de financement solide avant leur roadshow.

Le contexte d'abord : sur les 22 000 startups actives en France, 4 600 ont ouvert leur capital à un investisseur externe, 2 300 sont financées par les fonds français les plus actifs et seulement 900 par les 15 VC les plus actifs. Dans un univers aussi sélectif, la préparation fait la différence.

Top investisseurs en France en 2025, en nombre d'opérations

Le fil rouge de la masterclass tenait en une idée : on ne prépare pas une levée de fonds, on prépare l'equity story de l'entreprise sur plusieurs tours. Chaque tour doit permettre de franchir un milestone précis (validation technologique, premiers contrats, traction commerciale, renforcement de l'équipe) et ainsi rendre possible le suivant.

Cédric Curtil a ensuite détaillé plusieurs points clés :

  • Cibler les bons investisseurs. Avant d'envoyer un deck, il faut étudier la thèse d'investissement du fonds : secteur, géographie, stade de développement, taille des tickets.
  • Structurer intelligemment la love money. Segmenter les souscripteurs, privilégier ceux qui apportent des compétences utiles, valoriser correctement l'idée et le travail déjà réalisé, et définir clairement les droits de chacun.
  • Répondre aux « 6 T » regardés par les VCs. Team (qui porte le projet et avec quelles compétences), TAM (la taille réelle du marché accessible), Traction (les preuves tangibles d'adoption et de croissance), Tech (l'innovation et la capacité à en faire un business), Timing (pourquoi maintenant) et Ten X (le potentiel de création de valeur à grande échelle).
  • Faire en sorte que chaque euro levé permette de franchir une étape. La question n'est pas seulement combien lever, mais quelle preuve ce financement permettra d'apporter, et en quoi elle rendra le prochain tour possible.

La séance a également abordé les KPIs attendus par les fonds et les éléments indispensables d'une data room efficace, pour permettre à chacun de repartir avec une vision structurée et des actions concrètes.

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Une même conviction

Du regard de l'investisseur à la méthode du fonds, les deux temps forts de la journée se sont rejoints sur un point : une technologie, aussi brillante soit-elle, ne suffit pas. Ce sont le marché, l'équipe, la traction et la capacité à raconter une trajectoire crédible qui convainquent les investisseurs.

Un grand merci à Dominique Vidal et à Cédric Curtil pour leur générosité et la richesse de leurs échanges avec les entrepreneurs accompagnés par 21st by CentraleSupélec.

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